Femme dans l'ombre d'un pervers narcissique

Je sors (ou j’ai été) avec un pervers narcissique

Cela commence comme un rêve, presque un conte de fée : quelque chose d’évident, d’intense, parfois même de trop beau pour être remis en question. Puis, sans qu’on sache vraiment quand ni comment, quelque chose change.

Ce ne sont pas des changements brusques, mais des détails qui s’installent : des petites phrases, des regards, des silences un peu plus longs, des remarques qui piquent légèrement… puis un peu plus fort. Et avec le temps, ces piques deviennent des habitudes, presque normales.

On commence à marcher sur des œufs sans s’en rendre compte, à réfléchir avant de parler, à douter de ce qu’on a ressenti, à se demander si on n’a pas mal compris, à s’excuser plus souvent que de raison. Et petit à petit, on perd un peu de soi, sans savoir exactement à quel moment cela a basculé.

Puis viennent les montagnes russes émotionnelles : des phases très hautes, presque idéalisées, qui redonnent l’impression que tout peut redevenir comme au début, et juste après, des phases de distance, de froid ou de culpabilité. C’est souvent là que la confusion s’installe, avec une question qui revient en boucle : “Est-ce que c’est moi le problème ?”


Pervers narcissique ou “PN” : un terme présent partout… mais rarement compris


Le terme “pervers narcissique” est aujourd’hui partout. Dans les réseaux sociaux, les discussions, les témoignages. Il est utilisé pour expliquer des ruptures douloureuses, des relations incomprises, des comportements difficiles à nommer. Parfois à juste titre. Mais souvent aussi de manière excessive ou simplifiée.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce terme n’est pas un diagnostic médical officiel reconnu de manière claire et universelle. Il appartient davantage au langage courant qu’au cadre clinique strict.
Et c’est là que la difficulté commence. À force de tout résumer à une étiquette, on risque de passer à côté de la réalité du terrain : ce que les personnes vivent émotionnellement, psychologiquement, au quotidien.

L’objectif ici n’est pas de juger, ni de diagnostiquer. Mais de comprendre ce qui peut se jouer dans certaines relations qui deviennent progressivement déséquilibrées, et parfois destructrices pour l’estime de soi.


Comprendre les mécanismes d’une relation d’emprise

Sous emprise, la personne est comme une marionnette mais avec des fils invisibles

Quand on parle de ce type de dynamique, on ne parle pas d’un profil unique ou facilement identifiable.

On parle plutôt d’un ensemble de comportements relationnels qui, lorsqu’ils s’installent dans la durée, peuvent créer une forme d’emprise émotionnelle.

Parmi ces mécanismes, on retrouve souvent :

  • une alternance entre valorisation et dévalorisation (le chaud et le froid),
  • des remarques qui fragilisent progressivement la confiance en soi,
  • une tendance à faire porter la responsabilité des conflits à l’autre,
  • une culpabilisation récurrente,
  • une difficulté à reconnaître ses torts,
  • et parfois un besoin de contrôle dans la relation.

Pris isolément, ces comportements peuvent exister dans de nombreuses relations, notamment en période de tension.

C’est leur répétition, leur intensité et leur accumulation dans le temps qui peuvent créer une dynamique d’emprise. Et c’est souvent là que la personne en face commence à se perdre.
Pas d’un coup. Mais progressivement.

Une précision essentielle

Il est important de le dire clairement : toutes les relations difficiles ou douloureuses ne relèvent pas d’un fonctionnement dit “pervers narcissique”.

Une relation peut être déséquilibrée sans qu’il y ait manipulation consciente. Elle peut être instable, immature, maladroite, ou simplement incompatible.

Le risque aujourd’hui est de poser des étiquettes trop rapidement sur des situations complexes.
Et parfois, ces étiquettes empêchent de voir l’essentiel : ce que la personne vit réellement, ce qu’elle ressent, et surtout ce dont elle a besoin pour se reconstruire.


Pourquoi est-ce si difficile de partir ?

De l’extérieur, la question semble simple : “Pourquoi tu n’es pas parti(e) plus tôt ?”. Mais de l’intérieur, elle ne se pose jamais comme ça. On ne se demande pas pourquoi on reste, on cherche surtout à comprendre comment retrouver ce qu’on a vécu au début. Parce qu’au départ, il y a eu quelque chose de fort, de rassurant, parfois même d’évident, et c’est précisément ce contraste qui rend la sortie si difficile.

Ce type de relation ne s’installe presque jamais dans la brutalité. Elle s’installe dans le glissement : une remarque ici, une tension là, une explication pour calmer, puis une adaptation, puis une habitude. Sans s’en rendre compte, le comportement change. On devient plus prudent, les mots sont filtrés, les réactions anticipées, certains sujets évités, et progressivement, on entre dans une forme de vigilance permanente.

À cela s’ajoutent les moments où tout redevient “comme avant” : une attention, une douceur, un rapprochement, une impression que tout peut redevenir comme au début. Ces moments ne sont pas anodins, ils entretiennent l’espoir, et cet espoir devient un point d’ancrage très puissant : “Ça peut redevenir comme avant.”

Et puis il y a la confusion, parce qu’il n’y a jamais une seule réalité claire. Il y a des moments beaux, des moments difficiles, et entre les deux, une zone floue… où tout devient difficile à interpréter.

Dans cette zone, les questions tournent en boucle :

  • Est-ce que j’exagère ?
  • Est-ce que je suis trop sensible ?
  • Est-ce que le problème vient de moi ?

Et plus ces questions s’installent, plus la confiance en soi s’effrite.


Comment reconnaître une relation sous emprise ?

Il n’existe pas une seule manière de vivre une relation sous emprise. Chaque histoire est différente, chaque dynamique a ses nuances. Pourtant, dans le vécu, certains éléments reviennent souvent. Pas toujours tous, pas toujours au même moment, mais suffisamment pour installer un sentiment diffus : celui que quelque chose ne tourne plus vraiment rond.

Dans cette zone floue, il devient parfois difficile de mettre des mots. Pourtant, certaines expériences se ressemblent.

On peut commencer à se reconnaître quand :

  • on fait très attention à ce qu’on dit, même sur des sujets simples du quotidien,
  • on a souvent besoin de se justifier sans comprendre pourquoi,
  • on doute régulièrement de sa propre perception des événements,
  • on se sent vidé(e) après certaines discussions,
  • on perd progressivement sa spontanéité dans la relation,
  • on minimise ce qui dérange,
  • on ressent plus de tension que de sécurité,
  • les proches remarquent un changement,
  • et malgré tout, on reste accroché aux bons moments.

Pris séparément, ces éléments peuvent sembler anodins, mais leur accumulation dans le temps raconte souvent autre chose, quelque chose de plus silencieux, de plus diffus, et surtout de plus difficile à nommer quand on est dedans.


La fenêtre d’Overton appliquée au couple

La fenêtre d’Overton est un concept qui décrit quelque chose de simple : ce que l’on considère comme “acceptable” n’est pas figé. Dans une société comme dans une relation, les limites peuvent bouger avec le temps. Ce qui semblait inacceptable au départ peut progressivement devenir tolérable, puis normal… sans que l’on s’en rende vraiment compte.

Dans un couple, ce mécanisme devient très concret. Au début, certaines attitudes paraissent clairement problématiques : une remarque blessante, de la jalousie, une forme de contrôle ou de critique. Mais avec le temps, ces comportements ne disparaissent pas forcément, ils s’installent. On explique, on minimise, on s’adapte… et petit à petit, ce qui dérangeait devient “supportable”.

Et c’est là que le glissement se fait : des critiques deviennent des habitudes, la jalousie une preuve d’attachement, le contrôle une “façon d’aimer”. Certaines choses, qui auraient été impensables au début, finissent par être intégrées dans la relation.

Pris isolément, chaque élément peut sembler gérable. Mais ensemble, et surtout dans la durée, ils déplacent progressivement ce que l’on accepte… sans même s’en rendre compte.


Le témoignage d’Aurore : plus de 10 ans dans une relation toxique

Aurore (nom d’emprunt) a accepté de revenir sur une relation avec un pervers narcissique durant des années.

Avec le recul, elle met aujourd’hui des mots sur ce qu’elle a vécu, sur les mécanismes qui se sont installés progressivement… et sur le chemin qui lui permet progressivement de reprendre sa place. 


À quel moment t’es-tu dit pour la première fois que quelque chose n’allait pas ? 

“Au début de la relation, tout semblait parfait.”

Je l’ai connu quand j’avais 13 ans, nous prenions le même bus scolaire. Il m’a tout de suite plu, mais nous ne nous sommes mis ensemble que dix ans plus tard.

Au début de la relation, tout semblait parfait. Il était charmant, très à l’aise dans sa manière de parler, très valorisant. Il me disait exactement ce que j’avais besoin d’entendre, me complimentait beaucoup, notamment sur le fait que j’étais maman solo d’un petit garçon. J’avais l’impression d’avoir rencontré quelqu’un de bien.

Mais assez rapidement, quelque chose a commencé à me déranger : il ne tenait pas ses engagements. Des rendez-vous annulés, des promesses non respectées, des situations où je me retrouvais à l’attendre sans explication.

Petit à petit, j’ai aussi découvert une autre réalité. Derrière l’image qu’il renvoyait, il y avait notamment une addiction aux jeux. Beaucoup de choses ne collaient pas : des incohérences dans son quotidien, une difficulté à gérer ses responsabilités, et une forme de décalage entre ce qu’il montrait et ce qu’il vivait réellement.

Avec le recul, je comprends que ces éléments faisaient déjà partie du problème. Mais à l’époque, je ne les voyais pas encore comme un ensemble.

Puis je suis tombée enceinte après six mois de relation. Et à partir de ce moment-là, tout s’est accéléré. Quelque chose s’est mis en place dans la relation, et j’ai commencé à me sentir prise dans une dynamique dont je ne mesurais pas encore pleinement les mécanismes.”


Qu’est-ce qui a provoqué ta prise de conscience ?

“J’étais constamment humiliée, comme si je n’existais plus, comme si j’étais vivante mais morte à l’intérieur.”

“Je me suis rendue compte, au fil des années, que beaucoup de choses ne coïncidaient pas. Pour moi, ce n’était pas de l’amour. L’amour, c’est la confiance. Et cette confiance, je ne l’avais pas. J’étais constamment humiliée, comme si je n’existais plus, comme si j’étais vivante mais morte à l’intérieur. Comme s’il avait pris tout ce qu’il y avait en moi, et qu’il ne restait plus rien.

J’ai été constamment rabaissée. Les insultes étaient fréquentes : “tu es de la merde”, “tu ne sers à rien”, “tu es conne”, “tu n’es pas assez belle”… Et quand j’essayais de parler, c’était souvent “tais-toi”. À force, on finit par croire qu’on n’a aucune valeur.

Ma prise de conscience s’est faite progressivement, notamment en observant les autres couples autour de moi, leur manière de construire, de tenir leurs engagements. De mon côté, rien de ce qu’il disait ne se concrétisait. Petit à petit, j’ai commencé à voir ce décalage.

Le fait d’avoir eu ma fille a aussi été un déclic : je ne voulais pas que ce soit la vie qu’elle considère comme normale. Et en parallèle, j’ai commencé à m’éteindre. Plus je m’éteignais, moins il réagissait.

J’ai fini par traverser une période de dépression. Et même lorsque j’ai exprimé mes idées noires, au lieu de recevoir du soutien, j’ai reçu des paroles encore plus dures “prends une corde et va te pendre”…

Avec le recul, je comprends que tout cela a participé à une forme d’emprise. Je me sentais rabaissée en permanence, coupable de tout, jusqu’à douter de moi en tant que mère, alors que je m’occupais seule des enfants au quotidien. Même malade, je devais tout gérer seule.

Rien n’était jamais assez bien. Il mentait constamment, et allait jusqu’à accuser mon fils de 4 ans d’avoir volé de l’argent, alors que c’était lui.

À un moment, on se dit simplement que rester dans ce type de relation, c’est s’abîmer un peu plus chaque jour.”


Tu as finalement choisi de partir et de prendre de la distance physiquement. Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cette étape ? 

Petit à petit, je me suis mise à douter de moi, à me demander si tout venait de moi, jusqu’à perdre confiance en moi.

“C’est la culpabilisation qui a été le plus difficile. Il me disait que c’était de ma faute si nous n’étions plus une famille, si les enfants ne vivaient plus avec leurs deux parents, si tout s’effondrait. À aucun moment il ne se remettait en question.

Avec le recul, j’aurais dû partir dès le premier red flag, mais je suis restée. Je me disais qu’avec les enfants, il fallait tenir bon, et je voulais croire qu’il allait changer. Il me l’a promis des centaines de fois.

J’ai été trompée à plusieurs reprises, jusqu’à des inscriptions sur des sites de rencontres, et même dans ces moments-là, il arrivait encore à me faire porter la responsabilité.

Petit à petit, je me suis mise à douter de moi, à me demander si tout venait de moi, jusqu’à perdre confiance en moi.

Il y a aussi eu du harcèlement après la séparation, avec des messages violents et une pression psychologique qui a continué.

Je ne l’ai pas quitté parce que je ne l’aimais plus, mais parce que je n’en pouvais plus. Et c’est là toute la nuance : partir de quelqu’un qu’on aime reste extrêmement difficile.

Il revient encore parfois avec de belles paroles, et je réalise à quel point il est difficile de couper complètement quand il reste de l’attachement.”


Avec le recul, qu’est-ce que tu comprends aujourd’hui que tu ne voyais pas encore à l’époque ? 

“Avec le recul, je comprends que ce n’était pas de l’amour tel que je l’imaginais.”

“Avec le recul, je comprends que ce n’était pas de l’amour tel que je l’imaginais. Pendant des années, je me suis remise en question en espérant qu’il allait changer. J’ai longtemps cru que les choses finiraient par s’améliorer.

Aujourd’hui, je pense surtout que l’on ne peut pas changer quelqu’un qui ne reconnaît pas ses propres problèmes. C’est probablement ce qui a été le plus difficile à accepter.

Je réalise aussi que j’ai passé 11 ans avec quelqu’un que je ne connaissais pas vraiment. Avec le recul, j’ai l’impression de n’avoir vu qu’une partie de lui, celle qu’il voulait bien montrer. Comme s’il portait différents masques selon les situations.

Ce que je sais en revanche, c’est que je ne me sentais pas aimée de manière saine. Tout tournait autour de ses humeurs, de ses besoins et de ses réactions. Et aujourd’hui, je comprends que ce n’était pas normal.”


Et si tu pouvais aujourd’hui adresser un message à une personne qui vit une histoire similaire, qu’aimerais-tu lui dire ? 

“Aujourd’hui, je pense qu’il ne faut jamais laisser quelqu’un éteindre sa lumière.”

“Avec le recul, je dirais d’écouter ses intuitions. Quand quelque chose ne semble pas normal, il ne faut pas ignorer ce ressenti. Pendant longtemps, j’ai espéré que les choses allaient changer, mais les doutes revenaient toujours.

Dans ce type de relation, ce sont souvent les montagnes russes émotionnelles. Il y a des moments heureux, et on s’y accroche parce qu’on aimerait que la relation ressemble toujours à ça. Mais quand les mensonges s’accumulent, que les promesses ne sont jamais tenues et que l’on finit par douter de sa propre perception, il faut se poser les bonnes questions.

Le danger, c’est qu’à force, on se dévalorise. On finit par croire qu’on mérite ces comportements ou qu’on ne trouvera pas mieux. Pourtant, ce n’est pas vrai.

Aujourd’hui, je pense qu’il ne faut jamais laisser quelqu’un éteindre sa lumière. Si j’étais partie plus tôt, je me serais évité beaucoup de souffrance et de remises en question.

Si je pouvais parler à la femme que j’étais il y a onze ans, je lui dirais simplement : « Pars. Tu mérites mieux que cette relation. Tu ne dois pas perdre ta confiance en toi, ton estime de toi et ta joie de vivre pour quelqu’un. Personne ne mérite ça… » “

Un immense merci à elle d’avoir accepté de partager son expérience avec sincérité.


Faut-il quitter un “pervers narcissique” ?

C’est souvent la question qui arrive en dernier… alors qu’elle est en réalité la première qu’on devrait se poser. Mais elle est aussi la plus difficile parce que la réponse n’est jamais simple, ni immédiate.
On aurait envie de dire les choses clairement : “pars”, “quitte la relation”, “coupe tout”.

Les PN possèdent de multiples masques

Mais dans la réalité, les situations humaines ne se résument pas à des injonctions.
Il y a des attachements, des espoirs, des histoires communes, des moments forts.
Et parfois aussi une forme de confusion émotionnelle très profonde.

Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’une relation où l’on se sent progressivement diminué(e), confus(e), ou en perte de repères n’est pas une relation qui fait du bien.

Quand l’estime de soi s’abîme, quand la peur prend plus de place que la sécurité, quand on ne se reconnaît plus vraiment dans la relation… quelque chose s’est déséquilibré.

À ce stade, la question n’est peut-être pas immédiatement “faut-il partir ou rester”.

Mais plutôt :

  • est-ce que je me sens bien dans cette relation ?
  • est-ce que je me sens respecté(e) et en sécurité ?
  • est-ce que je me reconnais encore dans la personne que je suis ici ?

Et parfois, avant même de prendre une décision, une première étape devient essentielle : reprendre de la clarté, mettre des mots sur ce qui se joue, et sortir du flou. Parce que tant que tout reste confus, il est très difficile de savoir quoi faire.

Dans certaines situations, cela passe par une prise de distance, dans d’autres par une discussion, et parfois par un accompagnement extérieur pour retrouver un point de repère. Il n’y a pas de réponse universelle. Mais une chose reste vraie dans presque tous les cas : une relation qui détruit progressivement l’estime de soi mérite d’être regardée en face, pas dans la précipitation mais pas dans le déni non plus.


Pourquoi on reste marqué longtemps après la relation ?

On pourrait penser qu’une relation s’arrête au moment de la rupture. Dans les faits, ce n’est souvent que le début d’autre chose.

Même une fois la relation terminée, beaucoup de choses continuent de tourner en arrière-plan : des pensées qui reviennent en boucle, des scènes qu’on rejoue mentalement, des questions sans réponse claire. Comme si le cerveau cherchait encore à comprendre ce qui s’est passé.

Il peut aussi rester une forme de perte de confiance, pas seulement dans les autres, mais dans soi-même, dans sa propre perception, dans ses choix, dans ses limites. Et parfois une question persistante : “Comment j’ai pu en arriver là sans m’en rendre compte ?”

À cela s’ajoute souvent une forme d’hypervigilance dans les relations suivantes, une tendance à analyser, à anticiper, à se protéger avant même que quelque chose n’arrive, comme si une partie de soi restait en alerte.

Et puis il y a ce qui est plus difficile à nommer : la peur de revivre la même chose, la difficulté à refaire confiance, le besoin de validation plus fort qu’avant, ou au contraire une fermeture émotionnelle.

Ce n’est pas simplement “une rupture difficile”. C’est parfois une expérience qui modifie profondément la manière de se relier à l’autre, sans qu’on s’en rende compte immédiatement.

Se libérer de ses chaînes est possible…

En quoi un coaching peut aider ?

Dans ce type de situation, la première étape n’est pas forcément de “comprendre” ou de “réparer”.
C’est souvent d’abord de prendre du recul et de retrouver de la clarté.” 

Sortir du flou. Remettre de l’ordre dans ce qui a été vécu. Refaire la différence entre ce qui relevait de soi, de l’autre, et de la dynamique du couple.

Ensuite seulement, un travail peut se faire sur des aspects plus profonds :

  • reconstruire l’estime de soi
  • retrouver ses repères personnels
  • comprendre les schémas relationnels qui se répètent
  • remettre du discernement dans ce qu’on accepte ou non
  • éviter de retomber dans des dynamiques similaires
  • réapprendre à poser ses limites

L’objectif n’est pas de “tourner la page rapidement”, mais plutôt de permettre à la personne de se retrouver dans sa manière d’aimer, de choisir et de se positionner dans une relation. Et parfois, cela passe simplement par un espace extérieur neutre, où l’on peut remettre du sens sur ce qui a été vécu, sans jugement et sans confusion.

Conclusion

On ne sort pas de ce type de relation en un seul déclic. On en sort par prises de conscience successives, par moments de recul, par fragments de lucidité qui reviennent petit à petit. Et souvent, avec une sensation étrange : celle de se rendre compte qu’on s’était un peu perdu en chemin.

Ce que beaucoup découvrent après coup, ce n’est pas seulement qu’ils ont vécu une relation difficile, mais qu’ils ont progressivement décalé leurs repères, adapté leur comportement, réduit leur espace intérieur, sans s’en rendre compte.

Et puis, avec le temps, quelque chose se reconstruit : une façon plus juste de se positionner, une capacité à ressentir ce qui est sain ou non, une envie de ne plus se perdre dans le lien. Pas en redevenant la personne d’avant, mais en devenant quelqu’un de plus conscient, plus aligné, plus solide.

Parce qu’au fond, une relation ne devrait jamais te faire disparaître de toi-même. Elle devrait te permettre de rester toi… même quand tu es en relation avec l’autre.

Et si tu es en train de te reconnaître dans certaines parties de ce que tu viens de lire, rappelle-toi une chose simple : tu n’es pas obligé(e) de comprendre seul(e) ce que tu vis. Parfois, prendre du recul avec quelqu’un d’extérieur change déjà beaucoup de choses.

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Olivier
Coach Afterlove

A propos de l'auteur

Olivier Laurent

Love coach certifié en PNL humaniste, j’accompagne mes clients pour surmonter une rupture et construire des relations plus épanouissantes, que ce soit en individuel ou en couple.

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